Entête
Rechercher
Galerie photo
Veuillez patienter,
chargement en cours
Présentation
Webmaster
Lettre d'informations
Pour avoir des nouvelles de ce site, inscrivez-vous à notre
lettre d'informations
nb : pas besoin d'être membre pour vous inscrire
S'abonner
Se désabonner
Question anti-spam :
nb1   plus   nb2   egal

news.gifNouvelles

Pour ouvrir ou fermer un regroupement de nouvelles (ligne marron clair), cliquez sur le signe '+' (ouvrir) ou '-' (fermer)
Pour ouvrir ou fermer une nouvelle (ligne marron foncé, cliquez sur son titre


DéplierAmérique du Sud - 3 nouvelles par monTdM du 03/09/2016 au 12/08/2017

Passage du Panama vers la Colombie - par monTdM le 16/06/2016

FermerAmérique centrale - 4 nouvelles par monTdM du 09/03/2016 au 10/05/2016

Panama - par monTdM le 10/05/2016

Imprimer

Itinéraire Cliquez pour mieux voir l'itinéraire du 01/02 au 28/03/2016 correspondant à cette nouvelle

Tout en me dirigeant vers la frontière du Panama, je fais plusieurs arrêts, la première fois pour me débarrasser de ma monnaie du Costa Rica et les suivantes pour essayer de trouver un distributeur fournissant des dollars, monnaie officielle du Panama. Mais après avoir fait plusieurs banques qui avaient des logos signalant qu'elles en distribuaient, toutes semblent à sec et j'arrive finalement à la frontière sans un sou en poche. Heureusement il y a ici ce qu'il faut et je peux refaire le plein de billets.

Il y a un nombre impressionnant de gens notamment beaucoup de jeunes avec un sac à dos. La sortie du Costa Rica est longue : une demi-heure pour remplir un formulaire, payer un droit de sortie et avoir le visa de sortie puis pour faire annuler mon permis d'importation temporaire pour la voiture. Cela fait 3 mois et un jour que je suis entré au Guatemala alors je crains une remarque (voir la nouvelle précédente) mais personne n'y fait attention, seul mon visa d'entrée au Costa Rica les intéresse. J'aurai finalement pu rester plus longtemps dans ce dernier pays mais je pense avoir vu l'essentiel et le coût de la vie ne me donnait pas envie de prolonger, je regrette seulement de ne pas avoir visité plus longuement le Nicaragua.

L'entrée au Panama me prendra un peu plus d'une heure. Il y a des bureaux partout, une très longue file pour obtenir le visa et cela n'avance pas. Finalement je vois un homme avec un badge et je lui demande si c'est bien par cela que je dois commencer : il me dit non, la première étape est de prendre une assurance pour la voiture et il m'emmène jusqu'à un bâtiment où une société en vend. Je paie pour deux mois de couverture en responsabilité civile. L'homme me conduit ensuite jusqu'à la zone des visas en me disant de griller tout le monde sur la droite : je suis un peu gêné mais pour ceux qui entrent avec une voiture c'est un guichet spécial où il n'y a personne. Une femme récupère mon passeport, mon assurance et en quelques minutes j'ai mon visa. L'homme me fait monter à l'étage, prend par la fenêtre d'un bureau un tampon et donne un coup sur un papier. Puis on redescend et il m'emmène à un dernier guichet pour l'importation temporaire de la voiture. Il m'explique que je ne pourrai avoir qu'un mois et qu'il faudra que j'aille au bureau des douanes de la capitale si je veux prolonger, ce qui ne posera pas de problème selon lui. Ce guichet n'avance pas, il n'y a pas grand monde mais la procédure semble longue pour chaque cas. Au bout d'un moment l'homme revient vers moi, prend mes papiers, passe devant ceux qui font la queue, appelle un douanier à l'intérieur et lui donne mes documents. Je récupère enfin le dernier sésame pour entrer dans le pays. Je dois cependant subir une fouille de la voiture, très succincte et rapide. Je veux évidemment laisser un pourboire à l'homme qui m'a si bien aidé mais il ne me reste qu'un billet de 20 $, hors de question, et un autre de 1 $ qu'il refuse, il en voudrait au moins 5 alors je ne lui laisse rien, je n'ai pas envie de courir après de la monnaie.

En entrant dans ce pays je change d'heure et me rapproche un peu de la France (plus que 6 heures de décalage). Je prends la direction du parc national de la Amistad, version panaméenne (voir la nouvelle précédente). Dans une grande ligne droite, un bus qui était arrêté sur le côté de la route redémarre sans regarder au moment où j'arrive à son niveau : je freine d'urgence, donne un coup de volant pour passer sur la file de gauche où il n'y a heureusement personne, le double et donne un grand coup de klaxon. Je m'arrête plus loin pour manger et le bus arrive devant moi, le chauffeur me dévisageant en passant à vive allure.

Quand j'arrive près du parc national, je ne vois aucun accès. Il y a un autre parc, celui du volcan Barú : le secteur est un lieu réputé pour son café. Je contourne le volcan et arrive près d'un sentier, celui des Quetzals : l'endroit est réputé pour héberger cette espèce en grand nombre car la forêt contient une variété d'arbres et l'oiseau raffole de ses fruits. Je décide de dormir au démarrage de la randonnée. Juste en face il y a plusieurs couples d'anglais qui louent une maison et viennent là depuis plusieurs années : une des femmes me dira que dans l'arbre sur leur propriété un quetzal vient régulièrement le matin, l'arbre étant justement un de ceux qu'ils aiment. Mais aucun ne viendra pendant mon séjour (ou alors avant que je me lève). Leur jardin est très fleuri et il y a plusieurs colibris qui tournent autour de ma voiture.

Baru
Cliquez ici pour charger les 13 photos
(Randonnée des Quetzals, scarabée, fleurs, oiseaux)
Le lendemain je fais la randonnée en un long aller-retour de presque 8 heures : je ne verrai hélas aucun quetzal mais d'autres oiseaux, deux pécaris (qui fuiront avant que je puisse les prendre en photo) et plusieurs écureuils. J'entendrai aussi des singes hurleurs mais sans en voir.

Sur le parcours il y a un mirador et j'y croise un couple temporaire, elle est tchèque et lui australien, ils viennent de se rencontrer dans un hôtel et ont décidé de faire la randonnée ensemble. Après avoir un peu discuté, je les quitte car je ne suis pas encore au bout de ma marche. Presque à son extrémité (à un pont suspendu) je fais demi-tour et croise le couple qui marchait 10 ou 15 minutes derrière moi : la femme me montre alors un quetzal qu'elle vient de photographier, il était posé sur le sentier et s'est envolé sur une branche à leur arrivée, de la chance pour eux et pas pour moi !

Malgré le froid (cela descend à 4°C la nuit, 9° dans la voiture mais je ne mets pas le chauffage), je resterai encore deux jours mais toujours sans rien voir (à part des écureuils), irai à un autre endroit proche sur les conseils d'un des anglais (grande concentration des arbres qu'ils aiment) mais sans succès. Pendant cette période j'ai une multitude de boutons qui sont apparus bizarrement sur l'intérieur des chevilles, l'extérieur des hanches et un peu les pieds : pourquoi n'ai je rien sur les jambes ? J'ai dû me faire piquer par une araignée ou mordre par une fourmi lors de ma marche dans le parc de la Amistad au Costa Rica, cela gratte énormément, je m'en arrache sans le vouloir un ou deux. Finalement ils finiront par partir au bout de quelques jours mais en laissant pas mal de marques.

Baru2
Cliquez ici pour charger les 12 photos
(Jardins fleuris, ascension du volcan Barú)
Je décide de laisser tomber ma recherche de l'oiseau et de tenter l'ascension du volcan, presque 1600 mètres de dénivelé pour un sommet un peu en dessous de 3500.

Pas de chance, alors que depuis trois jours il fait un ciel magnifique le matin et que cela se couvre seulement en milieu d'après-midi, je démarre avec le volcan dans les nuages. Cela se découvre et se recouvre en alternance pendant ma montée mais c'est globalement positif car j'ai rarement des nuages au dessus de moi. Deux passages sont difficiles car très raides, un dans la forêt avec des arbres, des racines et des pierres au milieu du sentier et un autre avec beaucoup de pierres pas très stables. Le sommet est au soleil quand j'arrive (après 4 heures et 45 minutes de marche) mais la moitié nord est recouverte de nuages, je suis juste au dessus, c'est assez sympa mais on ne voit rien de ce côté-là. Pendant que je mange les nuages me passent au dessus et sans soleil il fait plutôt froid. Je le retrouverai lors de ma descente. Le passage avec les racines est assez stressant dans ce sens du fait des hautes haies qu'elles forment, de la pente et des pierres.

Je passe une seconde nuit au même endroit mais je n'aurai pas dû car au matin il fait à nouveau un ciel bleu magnifique et ce manque de chance, entre ma recherche du quetzal infructueuse et mon ascension le seul jour où le temps n'était pas terrible, me démoralise un peu.

Je redescends jusqu'à David où je reste quelques jours ce qui me permet de voir quelques oiseaux et lézards. Une nuit je suis réveillé par quelqu'un qui frappe à une vitre de la voiture, un mendiant qui voulait sûrement vérifier s'il y avait quelqu'un avant de commettre un délit : il partira dès qu'il me verra.

Lors d'une mise à jour Windows mon ordinateur plante : j'essaie de le relancer mais l'écran reste désespérément noir, je n'ai même pas la mire du fabriquant qui s'affiche normalement avant le lancement de Windows. Je vais chez un réparateur mais il veut que je laisse l'ordinateur, il ne sait pas pour combien de jours alors je quitte la ville en direction de la capitale. En cours de route un responsable dans un magasin d'électronique me donne une adresse à Panama. Il dit s'y connaître un peu alors je veux lui montrer mais l'ordinateur ne s'allume plus du tout : comme l'écran était noir, j'ai oublié de l'éteindre et la batterie s'est vidée. Le soir je le recharge complètement dans ma voiture. Puis je fais un essai : bizarrement il démarre normalement, aucune idée de ce qui a pu se passer mais me voilà rassurer.
David
Cliquez ici pour charger les 11 photos
(Lézard, oiseaux, route panaméricaine)

La route (panaméricaine) entre David et Santiago est une route classique mais des travaux sont en cours sur presque 200 km pour la mettre à 2x2 voies ce qui ralentit sensiblement mon trajet : un chantier surtout de terrassement avec quelques beaux talus et assez peu d'ouvrages. Après Santiago c'est déjà une voie rapide et cela roule bien car il y a peu de monde.

Chame
Cliquez ici pour charger les 12 photos
(Plage, herbes, termitière, oiseaux)
Je fais un court arrêt au bord de la mer avec à la clé encore quelques oiseaux. La plage est très belle. Dans un arbre il y a une énorme termitière : j'en ai déjà vu beaucoup mais celle là est impressionnante, elle doit approcher le mètre en largeur.

Après avoir passé la nuit près de Chame, je me lève et vois encore quelques oiseaux intéressants. Je décide de faire une courte randonnée... qui durera finalement 5 heures sans avoir pris d'eau alors qu'il faisait un soleil de plomb : je reviens passablement épuisé mais content d'avoir vu quelques petits caïmans à deux ou trois mètres de moi dans une mare (dont un que je n'avais pas vu qui a fait un grand splatch lorsque j'ai bougé ce qui m'a bien fait sursauter).
Chame2
Cliquez ici pour charger les 18 photos
(Près de Chame, guêpes, reptiles, oiseaux)

Panama
Cliquez ici pour charger les 4 photos
(Pont des Amériques au dessus du canal de Panama)
J'arrive finalement à Panama, la capitale, en franchissant le grand pont des Amériques qui passe au dessus du célèbre canal.

La ville est classée à l'Unesco pour son district historique et pour l'ancienne ville. Je commence par la ville historique où on trouve quelques beaux monuments. Je suis surpris par le nombre d'édifices en cours de rénovation, il y a des travaux partout (en particulier la cathédrale, fermée à cause de cela).
Panama2
Cliquez ici pour charger les 21 photos
(District historique de Panama)

Panama3
Cliquez ici pour charger les 14 photos
(Panama Viejo, oiseaux)
L'ancienne ville (appelée Panama Viejo) fut fondée en 1519 (première cité construite sur la côte Pacifique), détruite en 1671 par des pirates et définitivement abandonnée deux ans plus tard (au profit du district historique qui avait l'avantage de pouvoir être fortifié). Une grande partie des habitations ayant été construites en bois il ne reste rien de celles-ci.

Mais contrairement à León Viejo au Nicaragua (voir la nouvelle correspondante), les ruines des édifices publiques ou de riches propriétaires ont mieux traversé l'histoire (pas de volcan à proximité et peu de tremblements de terre). En particulier la cathédrale avait une tour en pierres assez bien conservée (la nef était faite de piliers de bois qui n'ont pas résisté). On notera aussi un ancien monastère (il y en a d'autres mais assez abîmés) et deux ponts (le pont du roi était en restauration quand je l'ai vu la première fois et les travaux achevés la seconde).

Je reste presque un mois à Panama. J'ai un peu de mal à trouver un bivouac, il y a beaucoup de bouchons en ville donc je préfère ne pas trop m'éloigner pour pouvoir aller rapidement dans des fast-food avec Internet. Ma première nuit est bruyante (proche d'un système de refroidissement d'un centre commercial), la seconde trop loin mais me permet de rencontrer une française travaillant à l'Unicef (je me gare juste derrière sa voiture) et elle me donnera beaucoup de renseignements. Le troisième bivouac est un peu mieux (un court cul-de-sac donnant sur une entreprise commençant tôt le matin) mais je dois le quitter car un soir il n'y a plus de place. Le quatrième sera le bon, un autre cul-de-sac très tranquille dans une rue résidentielle (je changerai juste deux soirs car une fête chez quelqu'un amènera beaucoup de voitures dans la rue).

Pendant cette période je cherche du gaz pour mon nouveau réchaud acheté au Guatemala : je trouve dans une chaîne de magasins le réchaud mais sans le gaz et personne ne sait où il y en a jusqu'à ce que je tombe sur un responsable qui m'indiquera, après avoir consulté son ordinateur, une de leurs rares boutiques de la ville qui en a en stock (4 fois plus cher qu'au Guatemala, ils doivent profiter de leur monopole). Je change enfin mon silent-bloc arrière (puisque j'avais acheté la pièce au Costa Rica, voir la nouvelle précédente) chez un garagiste qui me fera un prix raisonnable (25 $ pour plus d'une heure de travail), cela fait plaisir de tomber sur quelqu'un d'honnête. Je dois aller au bureau des douanes pour renouveler mon permis d'importation temporaire mais je ne sais pas où aller (sur leur site Internet il y a une multitude de bâtiments) : le centre des douanes de l'aéroport me donnera l'adresse adéquate. Quand je m'y rends, ils refusent la prolongation car cela n'est possible que le dernier jour du mois et je devrai donc revenir le jour-dit (en fait j'irai l'avant dernier-jour).

Une caractéristique de la capitale est le changement d'affectation des voies en fonction de l'heure de la journée : certaines rues sont à deux voies dans un même sens le matin tôt et à partir du milieu de la matinée redeviennent des rues normales avec un double sens de circulation. Ce qui m'étonne c'est qu'il n'y a personne pour gérer cela, les gens doivent avoir l'habitude (il y a juste des panneaux indiquant le basculement de telle heure à telle heure). J'ai aussi vu cela sur une voie rapide, une 2x2 voies qui devient une 1+3 voies avec là beaucoup de policiers pour s'en occuper (ouverture/fermeture du terre plein central pour permettre le passage vers ou depuis la voie de gauche de la chaussée qui est normalement dans l'autre sens et obliger les véhicules allant dans l'autre sens à rester sur une seule voie) : très efficace pour améliorer le flux des voitures arrivant ou partant de la capitale aux heures de pointe mais demandant une organisation (policière) très importante.

Les panaméens ne conduisent pas très bien et les taxis très mal : ils prennent des sens interdits s'ils voient qu'il n'y a personne, roulent sur les accotements en terre pour gratter quelques places, veulent tourner à gauche ce qui bloque la circulation alors qu'il y a des panneaux d'interdiction, prennent des files réservées pour tourner alors qu'ils veulent aller tout droit car la file avance bien et au bout ils essaient de s'insérer dans le bouchon ce qui bloque la file derrière eux, etc. Ils doivent avoir une assurance RC (puisque obligatoire) mais pas pour les dommages et je croise tous les jours de véritables épaves qui roulent pourtant toujours (ils manquent parfois une aile, tout l'avant de la voiture, le capot, des pare-chocs sans parler des innombrables creux, bosses et rayures).

Un jour un taxi me fait une queue de poisson (j'étais dans ma file, lui arrivait d'un carrefour et il s'insère à quelques centimètres devant moi alors que je roulais) et je ne peux l'éviter, je lui fais une nouvelle (car il en avait déjà beaucoup) éraflure (et lui laissera un peu de jaune sur mon aile). Il sort de la voiture, je lui explique (avec des gestes car il ne parle qu'espagnol) que c'est de sa faute (d'autant qu'il arrivait de la gauche et moi de la droite même si dans ce pays je ne sais pas si cette règle s'applique) puis je fais un crochet avec ma voiture pour partir. Il remonte dans son taxi, me fait une nouvelle queue de poisson m'obligeant à m'arrêter et sort très en colère. Un flic est juste là, il me prend mes papiers et me fait comprendre que j'ai tort même s'il n'a rien vu car on n'est plus dans la même rue de l'accrochage. L'homme continue à parler sans s'arrêter, le policier le calme, il appelle avec sa radio un collègue spécialisé dans le trafic routier (lui est juste un vigile dans un bâtiment administratif) mais personne n'arrive. Finalement un autre policier passe à pied (le hasard fait bien les choses, il est du bon service), veut dresser un constat mais apparemment tout cela l'embête et il met du temps à sortir son carnet, puis son stylo et il n'écrit rien pendant un temps infini. L'homme continue à parler, je lui sors alors la phrase miracle (je ne parle pas espagnol, je lui avais déjà dit mais dans le feu de l'action il n'y avait peut-être pas prêté attention) et il me dit une autre phrase en espagnol où j'entends en anglais "20 $" : je dis ok, part à un distributeur car je n'ai plus rien sur moi, lui donne le billet, on se sert la main avec un "amigo" puis il fait un signe au policier qui me rend mes papiers.

Dans le même style où l'honnêteté n'est pas au rendez-vous, en faisant le plein dans une station service, je profite de l'attente pour remplir un de mes jerricans d'eau. Lorsque je reviens à la pompe, l'homme a déjà servi un autre client et la pompe n'indique évidemment plus ce qui m'a été livré. Il me fait payer une somme qui me paraît bien élevée, je demande une facture, il tire toute une liasse de papiers de son ordinateur, jette tout, tape sur son clavier et m'en tend un où c'est indiqué qu'il m'a fournit 90 litres alors que mon réservoir n'en contient que 80 et qu'il n'était pas complètement à sec. Je lui dis que je n'accepte pas cela, il retape sur son clavier et me rembourse l'équivalent de 13 litres ce qui à mon avis est encore loin du compte mais je laisse tomber, le prix du diesel est ridiculement bas au Panama (moins de 0.5 euros) et l'arnaque ne dépasse pas quelques dollars  vus les prix pratiqués par les compagnies pétrolières et leur mirobolants bénéfices annuels, il est clair que comme tout le monde ce n'est pas la première fois que je paye trop cher du carburant.

Plus gros, je vais acheter une courroie d'accessoires pour ma voiture chez un concessionnaire Toyota, le prix est prohibitif, sur la facture le numéro de la pièce n'est même pas indiqué, ils ont utilisé un code générique, décidément les garagistes sont bien partout pareils, majoritairement des voleurs.

Pour terminer sur ce thème, les panaméens aiment customiser leur véhicule avec principalement des avertisseurs et des lumières bien visibles : des feux stop qui font clignoter toutes les lampes normales de l'arrière et des ampoules supplémentaires les unes après les autres comme un sapin de Noël par exemple. La première fois on ne comprend pas très bien que la voiture est en train de freiner mais on s'y habitue. Jusque là rien de trop répréhensible sauf que certains mettent des avertisseurs et des lumières ressemblant à ceux de la police et de nuit, on ne voit pas que le véhicule derrière nous n'est pas de la police alors on se range sur le côté pour les laisser passer.

Panama4
Cliquez ici pour charger les 14 photos
(1+3 voies, bambous, insectes, écureuil, oiseaux)
Pendant cette période je vois un écureuil équilibriste et plusieurs oiseaux intéressants (en pleine ville pourtant). Pendant mon travail sur mon site Internet, Nicole (du site oiseaux-birds) me fait parvenir une carte de la distribution du quetzal et je me rends compte que je suis trop à l'est maintenant, je ne pourrai plus en voir ce qui me déçoit énormément.

Quand j'ai fini deux nouvelles de mon site Internet, je regarde comment passer concrètement en Colombie : et là, mauvaise nouvelle. Alors que j'avais croisé plusieurs personnes qui m'avaient dit qu'il y avait un ferry et que mes premières recherches sur Internet semblaient le confirmer, je me rends compte que ce n'est plus le cas depuis presque un an : l'armateur qui avait ouvert la ligne en 2014 n'a tenu que 6 mois, il avait affrété un bateau beaucoup trop gros (500 véhicules deux fois par semaine) et il tournait presque à vide ce qui l'a obligé à arrêter en avril 2015. Je vais donc devoir trouver un cargo porte-conteneurs pour ma voiture et un avion pour moi comme quand je suis allé au Canada et cela ne m'enchante pas vus l'organisation, les coûts et délais nécessaires. En plus je ne sais pas à qui m'adresser car je n'arrive pas à trouver les informations nécessaires, à chaque fois je tombe sur le sens Colombie-Panama et jamais l'autre.

Portobelo
Cliquez ici pour charger les 12 photos
(Fortifications de Portobelo, douanes, restaurant, oiseaux)
Finalement je reporte à plus tard cette question car je vais aller voir le dernier bien classé à l'Unesco et en profiter pour rencontrer un français, guide au Panama et habitant dans la ville où ce bien se situe, qui va peut-être pouvoir m'aider pour passer en Colombie (l'info m'a été donnée par la française travaillant à l'Unicef).

J'arrive donc à Portobelo, classé car représentant un exemple de fortifications de la côte caraïbe. Il y a plusieurs zones de constructions, trois sont en assez bon état (dont une en cours de restauration) et deux autres en très mauvais état. Le site Internet de l'Unesco parle d'autres lieux mais je n'ai trouvé aucune carte et je ne sais pas où ils étaient.

Je me rends ensuite chez Michel, le guide français : on discute beaucoup mais peu sur le sujet qui m'intéresse car en fait il n'a pas d'informations sur les manières d'aller en Colombie. Il m'indique que le quetzal est un oiseau qui change régulièrement d'endroit, qu'en février il était peu probable que j'en vois dans le secteur du volcan Barú car il n'y en avait presque pas mais que maintenant c'est la bonne période car ils nidifient là-bas. On parle aussi du Darien (un autre bien classé à l'Unesco que je n'avais pas l'intention d'aller voir) en m'indiquant que contrairement à ce que dit le ministère des affaires étrangères (la zone est à éviter car les FARC s'y cachent) il n'y a aucun danger. Avant d'y aller je consulterai le blog du guide et me rendrai compte qu'il parlait de la province du Darien (plusieurs articles dessus) alors que ce qui est classé est le parc national du Darien (il n'y est apparemment jamais allé car je n'ai trouvé aucun article dans son blog), que le premier est accessible en voiture et en bateau (sur des rivières) mais que le parc est presque inaccessible sauf à passer plusieurs jours à naviguer en pirogue avant de l'atteindre avec une logistique et un coût hors de propos. Je déciderai donc finalement de ne pas y aller.

Gatun
Cliquez ici pour charger les 14 photos
(Écluse de Gatún, oiseaux)
Je reprends la route pour finir le bien classé sur les fortifications car il y a un autre lieu à voir, le fort de San Lorenzo.

Pour l'atteindre je dois traverser une des écluses sur le canal (écluse de Gatún), un bateau est justement en train de la franchir. J'y retournerai cependant car il y a un centre des visiteurs (fermé à cause des horaires la première fois) ce qui me donnera l'occasion de voir l'ensemble du processus de passage de l'écluse. Il y a actuellement des travaux avec la construction d'un nouveau passage qui permettra à des bateaux plus gros de franchir le canal (jusqu'à 49 m de large et 366 m de long alors qu'actuellement ils sont limités à respectivement 33 m et 294 m).
Le fort de San Lorenzo se situe dans le parc national du même nom, j'y passe la nuit et suis surpris par le nombre d'animaux que j'entendrai : singes hurleurs proches de la voiture, grenouilles faisant un grand raffut, oiseaux divers. Je décide le lendemain d'y faire une randonnée avant de repartir. Le parc était autrefois occupé par l'armée américaine qui contrôlait le canal, ils sont partis en 1999 en abandonnant les lieux, ils y avaient construit plusieurs pistes que la nature a progressivement recouvert. Je marche le long d'une d'entre elles pas toujours évidente à voir et fais demi-tour quand j'en perds sa trace.

Je ferai d'autres balades plus courtes plus loin sur des chemins mieux entretenus et verrai une faune abondante (si on compare au temps passé à marcher), je ne m'attendais pas à ce que ce parc soit aussi riche.
San Lorenzo
Cliquez ici pour charger les 24 photos
(Parc national San Lorenzo, grenouille,
crocodile, insectes, mammifères, oiseaux)
San Lorenzo2
Cliquez ici pour charger les 6 photos
(Fort de San Lorenzo)
Le fort de San Lorenzo est plus imposant que ceux de Portobelo, il est globalement en meilleur état mais de l'entretien parait encore nécessaire. Depuis quelques années le bien est classé dans la liste des biens en danger, le gouvernement panaméen a proposé des actions pour y remédier (les travaux en cours à Portobelo en sont un exemple) mais il reste encore à faire.

Je retourne dormir dans le parc et après une longue réflexion je décide de retourner près du volcan Barú et de faire les un peu plus de 500 km nécessaires car je veux vraiment voir un quetzal.

Le lendemain soir, je me rends compte que je me suis fait à nouveau mordre par une bête, j'ai une multitude de boutons comme la dernière fois mais limité cette fois-ci aux pieds, chevilles et dans le pli derrière le genou (mais presque rien sur les mollets). En enlevant une de mes chaussettes je découvre une grosse fourmi écrasée sous mon pied, il y en avait plein qui circulaient ou traversaient la piste en longues colonnes et en restant immobile pour prendre des photos certaines ont dû en profiter pour me monter dessus. Je désinfecte pour calmer l'envie de me gratter et devrai attendre plusieurs jours pour que les boutons se transforment en marques encore visibles aujourd'hui presque deux mois plus tard.

En cours de route je dors dans le même secteur que lorsque je faisais la route dans l'autre sens, une grande zone de culture de cannes à sucre dont une partie a commencé à être récoltée. Lorsque je repasserai moins d'une semaine plus tard je reconnaîtrai à peine les lieux, tout ayant été coupé. Les travaux entre Santiago et David ont évidemment un peu avancé et cela roule un peu mieux. J'admire notamment les caniveaux installés dans les pentes des plus hauts talus avec de nombreux obstacles (en pierres ou béton) pour ralentir la vitesse de descente de l'eau.

Boquete
Cliquez ici pour charger les 27 photos
(Randonnée dans le parc national Amistad,
fougère, fleurs, scarabée, oiseaux)
A David je prends directement au nord vers Boquete pour être cette fois-ci à l'est du volcan Barú dans le secteur conseillé par le guide rencontré à Portobelo. J'arrive en milieu d'après-midi, je fais une courte marche qui ne donne rien à part quelques colibris.

A mon réveil le lendemain je vois quelques singes dans un arbre juste en face de moi mais ils sont loin (l'arbre est très haut et de l'autre côté d'un torrent) et je ne peux prendre de photos. Le guide m'avait conseillé une randonnée particulière mais je n'ai pas encore trouvé où elle se situait précisément, en attendant j'en fais une autre dans le parc national Amistad assez longue et plutôt intéressante (beaucoup de fleurs) mais toujours pas de quetzal en vue.
Le jour d'après je trouve enfin la randonnée préconisée mais il commence à pleuvoir au moment où je m'éloigne de la voiture. Je fais demi-tour, attends que cela se calme ce qui ne sera jamais le cas alors je cherche finalement une zone de bivouac pas trop éloignée où je passe la fin de la journée sur l'ordinateur.

Le lendemain, je suis juste à la limite de la pluie, il ne pleut pas où j'ai dormi mais en retournant au début du sentier je me retrouve en dessous alors je fais demi-tour, vais un peu plus au sud (moins de 4 km) sur un flanc du volcan où il y a du soleil et y fais une marche improvisée dans le sens où il n'y a pas de sentiers mais quelques traces laissées par les cultivateurs pour passer d'un champ à l'autre. Je débouche finalement sur une large piste qui est en fait l'accès aux antennes du sommet du volcan (visibles ci-dessus dans le diaporama de l'ascension du volcan). M'étant arrêté pour regarder des oiseaux (sans réussir à les prendre correctement en photo car ils étaient sur la cime des arbres et ne se posaient jamais bien en vue), j'entends dans un bosquet juste à côté des cris qui me paraissent familiers : ça y est, les voilà, un couple de quetzals sont sur des branches (hélas différentes), c'était ma huitième tentative (journée ou demie journée de recherche), il était temps !
Boquete2
Cliquez ici pour charger les 13 photos
(Sur un flanc du volcan Barú,
fleur, sauterelle, pics, quetzals)

Boquete3
Cliquez ici pour charger les 15 photos
(Randonnée de la cascade et autre :
mouche et oiseaux)
Le jour suivant la pluie se calme enfin et je peux faire la randonnée de la cascade, celle préconisée par le guide. Et il avait raison : je vois des gens arrêtés près d'une passerelle, un mâle quetzal est là, il y restera longtemps mais sera toujours de dos. La cascade est sans eau hélas, je fais demi-tour et aperçois ensuite dans un arbre un couple de quetzals qui passe de branche en branche en se mettant parfois bien de face.

Trop content, je décide de faire une autre marche après avoir mangé, le sentier des cascades perdues. Je ne vois aucun oiseau mais il y a trois belles cascades. La randonnée était assez boueuse mais elle valait le coup.
Boquete4
Cliquez ici pour charger les 9 photos
(Cultures autour du volcan,
randonnée des cascades perdues)


Je bouge un peu pour aller faire une dernière petite marche mais c'est sans intérêts, je suis dans des terres cultivées et je n'arrive pas à trouver de sentier entrant dans le parc national de La Amistad pourtant juste au nord de l'endroit où je suis. Je décide de laisser tomber et repars le lendemain en direction de la capitale. Pendant ces quelques jours la température était nettement meilleure que la fois précédente (12°C au lieu de 4°), il faut dire que j'étais un peu plus bas (bivouacs entre 1600 et 1800 mètres au lieu de 2200).

Lorsque j'avais rencontré la française travaillant à l'Unicef à Panama, elle m'avait demandé si j'étais monté sur les montagnes près de Chame ce qui n'était pas le cas. Mais cela m'avait mis la puce à l'oreille d'autant que ces montagnes m'avaient tenté. Je décide donc de faire une nouvelle halte à proximité et de tenter leur ascension. Je n'ai pas repéré de sentier sur Internet alors j'y vais un peu au hasard. Une route à l'ouest ne donne rien, je retourne vers l'est sur la piste que j'avais en grande partie fait à pied. Elle se termine malheureusement moins de 500 mètres après l'endroit où j'avais fait demi-tour et je décide de bivouaquer (de nuit) un peu avant son extrémité.

Chame3
Cliquez ici pour charger les 22 photos
(Bivouacs, sommets près de Chame, oiseaux)
Le lendemain je retourne à pied jusqu'au bout de la piste tout en faisant un petit crochet jusqu'à la mare aux caïmans mais cette dernière est presque à sec et il n'y a plus personne. A l'extrémité du chemin je vois qu'un sentier longeant des propriétés privés part sur la droite (de nuit mes phares ne l'éclairaient pas et je ne l'avais pas vu). Il me conduit sur une autre piste plus au nord puis commence à partir vers l'est ce qui m'éloigne trop des sommets.

Je dois improviser car il n'y a pas de sentier : j'entre dans une des propriétés (des terres pour des vaches ou autres ruminants) et tout en restant le long d'une clôture j'arrive finalement à un premier mont très raide mais que je grimpe sans problème. Du sommet je commence à avoir une belle vue et aperçois sur un autre sommet tout un groupe de personnes, il y avait apparemment un passage depuis la route de l'ouest que j'ai raté. Je poursuis de crête en crête et de sommet en sommet, c'est plutôt sympa même si assez brumeux.

De retour à la voiture je me décide enfin (l'endroit s'y prête bien) à changer mon filtre à gazole (acheté au Costa Rica). Ce faisant, j'observe qu'il y a pas mal de boue dans la cosse de connexion électrique (que je nettoie) et que le filtre actuel était bien noir. Je vois aussi un tout petit trou sur un des tuyaux qui est raccordé au filtre, je pense que c'est un tuyau d'air donc sans conséquence. Au démarrage la voiture part au quart de tour, j'ai retrouvé ce que j'avais avant, la voiture ne tousse plus et ne cale plus, j'ai enfin trouvé la cause de ses tracas apparu 8 mois auparavant. Je repars et me rapproche tout doucement de Panama en allant surfer sur Internet de ville en ville. Sur un autre lieu de bivouac je me réveille encore entouré d'oiseaux intéressants.

J'arrive finalement de nuit dans la capitale alors je dors sur un nouveau lieu de bivouac en bordure de la ville.

Je m'étais inscrit dans un groupe de messagerie de google (consacré à l'Amérique du Nord) et avais envoyé un e-mail global aux membres pour savoir si quelqu'un savait comment faire pour traverser jusqu'en Colombie. J'ai eu plusieurs réponses dont une très précise, un véritable compte rendu d'un passage effectué une semaine plus tôt. Je m'en inspirerai grandement mais je vous raconterai cela dans une prochaine nouvelle car ce fut assez long et plein de rebondissements.
Imprimer

Costa Rica - par monTdM le 21/04/2016

Belize et début du Guatemala - par monTdM le 09/03/2016

DéplierMexique - 6 nouvelles par monTdM du 19/06/2015 au 28/02/2016

La zone Pacifique des États-Unis - par monTdM le 30/05/2015

Ouest du Canada - par monTdM le 02/04/2015

DéplierÉtats-Unis d'Amérique - 5 nouvelles par monTdM du 27/09/2014 au 13/03/2015
DéplierCanada - 4 nouvelles par monTdM du 09/07/2014 au 03/09/2014

Centre et Dordogne, avant le grand saut - par monTdM le 26/06/2014

Normandie et fin de la 4ème partie - par monTdM le 23/01/2014

DéplierRoyaume-Uni et Irlande - 4 nouvelles par monTdM du 23/09/2013 au 05/01/2014

Nord de la France - par monTdM le 01/08/2013

Fin de l'Italie - par monTdM le 08/12/2012

DéplierEurope centrale - 10 nouvelles par monTdM du 16/08/2012 au 14/11/2012

De Nancy à Bayreuth en Allemagne - par monTdM le 05/08/2012

Et c'est reparti ! - par monTdM le 27/07/2012

DéplierItalie - 11 nouvelles par monTdM du 30/03/2012 au 19/06/2012
DéplierL'ex-Yougoslavie - 3 nouvelles par monTdM du 01/03/2012 au 17/03/2012
DéplierAlbanie - 3 nouvelles par monTdM du 20/02/2012 au 25/02/2012
DéplierGrèce - 7 nouvelles par monTdM du 03/02/2012 au 15/02/2012

Turquie - par monTdM le 30/01/2012

DéplierEurope de l'Est - 5 nouvelles par monTdM du 11/11/2011 au 15/01/2012
DéplierScandinavie et pays baltes - 3 nouvelles par monTdM du 18/08/2011 au 01/11/2011

Ouest de la Suisse et est de la France - par monTdM le 10/06/2011

Nouveau départ - par monTdM le 17/04/2011

DéplierEspagne et Portugal - 15 nouvelles par monTdM du 05/05/2010 au 27/10/2010

Et c'est parti ! - par monTdM le 19/04/2010

Le départ approche ! - par monTdM le 12/04/2010

 
Zone membres

Votre pseudo :

Votre mot de passe :

[ Mot de passe perdu ? ]


[ Devenir membre ]

Info membres
Liste des membresMembres : 17

Visiteur en ligne :Visiteur en ligne : 0

Total visites :Total visites : cpt1cpt3cpt8cpt7cpt4
Records connectés :Records connectés :
puce1Simultanés : 18

le 30/11/2015 à 20:50

puce1Sur 24h : 24

le 18/11/2016 à 12:45

Version pour mobile
Vous pouvez également accéder à ce site en version allégée avec votre PDA. Pour cela, enregistrez ce lien dans les favoris de votre mobile.
Calendrier