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Itinéraire Cliquez pour mieux voir l'itinéraire du 3 au 19/09/2014 correspondant à cette nouvelle

Je quitte Saint-John en fin d'après-midi mais j'étais plus loin que je ne le pensais de la frontière des États-Unis : je n'y arrive que 3 heures plus tard alors je décide de passer une dernière nuit au Canada avant d'affronter les douaniers.

Après une heure de questions, formulaires divers, prise d'empreintes digitales, photos, inspection de la voiture (qui ne me coûtera que quatre kiwis car interdit d'importation : je venais de les acheter en provenance du Chili, alors qu'aux États-Unis ceux que l'on trouve dans les supermarchés sont importés... du Chili), je finis par payer 6 dollars pour obtenir mon visa de 3 mois ce qui risque d'être très court car il y a quand même pas mal de choses à voir. Je retraverse ensuite la frontière à pied car il n'y avait pas de douane de sortie du Canada et je dois leur laisser un papier comme quoi je quitte bien le territoire avec ma voiture afin qu'ils me remboursent les taxes d'importation. Après mes explications, le douanier canadien s'éloigne discuter avec des collègues, il ne connait apparemment pas la procédure. Quand il revient, il commence à chercher ses tampons, mes yeux regardent à droite à gauche et tombent sur mon visa américain (un carton qui était agrafé dans mon passeport) qui traîne sur le comptoir un peu plus loin ! Pour je ne sais quelle raison, le douanier l'avait retiré, heureusement que je m'en aperçois car il avait fait cela à l'écart. Je le récupère et cela fait toute une histoire quand je retourne voir les douaniers américains. Finalement ces derniers prennent un nouveau formulaire, barrent son numéro pour y inscrire à la main le numéro de celui qui a été arraché (car ce numéro a été enregistré informatiquement et ils ne peuvent m'en donner un nouveau) et l'agrafent dans mon passeport, bref un truc pas propre qui, je l'espère, ne me causera pas d'ennuis quand je quitterai ce pays.

En traversant la frontière je retrouve l'heure que j'avais à Montréal (6 heures de décalage avec la France). La longue descente vers New York commence, un peu plus d'un jour et demi. A la première grosse ville, j'achète enfin (voir la nouvelle précédente) le filtre à eau que je voulais : mes recherches sur Internet du meilleur modèle, après divers avis et visionnage de films sur youtube, m'ont conduit à choisir le filtre Sawyer, léger, économique (19 $), simple d'utilisation et ayant a priori le système de filtre le plus fin donc le plus performant. Au Canada, je ne l'avais trouvé que sur Internet mais il est distribué partout aux États-Unis dans la plus grosse chaîne de supermarché du pays (Walmart, qui pour l'anecdote est aussi le plus gros employeur privé du monde avec près de 1,3 millions d'employés).

La route est parfois creusée dans de très belles falaises. En chemin, je croise une vieille carcasse de voiture qui n'aurait pas déplu à Hergé. J'hésite à faire l'ascension du Mont Washington qui culmine à un peu plus de 1 900 mètres (je l'apprendrai plus tard) mais la carte sur le parking du début de la randonnée est très peu précise, aucune altitude d'indiquée, aucun nom alors qu'il y a plusieurs sommets proches donc impossible de savoir lequel est le bon, bref je ne tente pas le diable et poursuis ma route. A l'approche de New York, la température devient insupportable. Il ne fait que 29°C, mais l'air est saturé d'humidité et c'est étouffant. La nuit, je dors très mal, la température ne semble pas baisser et malgré les moustiques, je laisse une portière ouverte pour essayer d'avoir un peu d'air.

A New York, j'arrive juste à côté de l'embarcadère pour aller sur l'île de la statue de la Liberté. Je me gare dans un parking souterrain trop bas pour que ma malle passe, je ne m'en rends compte qu'après avoir franchi la barrière (la limitation de hauteur n'est indiquée que là) donc je ne peux monter dans les étages. Heureusement le gardien est sympa, il enlève un cône d'un emplacement réservé et me dit que je peux rester aussi longtemps que je le veux (le prix est le même pour 2 à 12 heures de stationnement, j'y resterai finalement presque 6 heures pour 20 dollars).

Statue liberte
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(Statue de la Liberté, plan large, ensemble et détails)
Tout le monde connait la statue de la Liberté, alors je me m'étendrai pas sur le symbole qu'elle représente. Offerte par la France, 3 hommes sont les principaux intervenants dans cette œuvre : la statue elle-même a été construite en France par Auguste Bartholdi (un français, peu de gens le savent) avec des plaques de cuivre (qui se sont oxydées ce qui lui donne cette belle couleur verte naturelle). Les plaques s'appuient sur une ossature métallique créée par Gustave Eiffel (français lui aussi mais c'est plus connu) et l'ensemble s'appuie sur un socle construit par les américains grâce à l'intervention de Joseph Pulitzer, patron de presse américain qui lança une grande campagne dans son journal pour recevoir les dons nécessaires.

Il est possible de monter dans la statue mais les places sont très prisées et il faut réserver plusieurs mois à l'avance. On peut aussi se limiter à la visite du socle mais il faut se lever tôt car les places sont limitées et elles partent vite dès l'ouverture de la billetterie. Je me contenterai d'un tour extérieur avec un audiophone très bien réalisé. Sur mes photos vous noterez la finesse de la réalisation, notamment de la toge.

Le prix du billet inclus un arrêt sur Ellis Island qui fut longtemps la porte d'entrée de l'immigration officielle aux États-Unis. Un musée très intéressant retrace les grandes étapes de la naissance de cette nation en soulignant notamment l'importance de l'esclavage, système bien en contradiction avec les principes de liberté énoncés avec la statue, la déclaration d'indépendance ou la constitution américaine.

New York1
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(Près de Central Park : de nuit, gratte-ciel, autres immeubles, écureuils curieux et boxeur)
Le classement de New York à l'Unesco ne concerne que la statue de la Liberté mais depuis toujours je suis fasciné par Manhattan et plus particulièrement par Central Parc alors je décide de rester visiter un peu la ville. Je me gare juste à côté du parc sur un emplacement gratuit le week-end où je passerai la nuit. Je commence par une grande marche dans celui-ci mais n'arrive pas jusqu'au bout avant la nuit, je ne m'étais jamais rendu compte qu'il était aussi grand, rectangle de presque 1 km de large sur plus de 4 de long contenant pas moins de 6 plans d'eau. Il y a énormément de coureurs et de cyclistes. Dans des poubelles, des ratons laveurs font leurs courses mais il fait presque nuit et je rate complètement ma photo. Il y a aussi quelques gros rats.

Le lendemain, je traverse un bonne partie de Manhattan à pied pour voir différents quartiers de gratte-ciel. Dans tous les squares, il y a une pléthore d'écureuils très familiers qui viennent prendre les friandises directement dans les mains des gens (et qui viendront plusieurs fois taper avec leur pattes contre l'objectif de mon appareil photo, croyant peut-être qu'il renferme des choses intéressantes).

Je finis par le sud de Manhattan avec tous ses gratte-ciel et le ground zero, mémorial à l'emplacement des 2 tours jumelles du World Trade Center. Je remonte alors vers Central Park toujours à pied jusqu'à la voiture, j'aurai fait en tout plus de 20 km, peut-être 30 et je suis harassé.

Je reprends la route en passant par le tunnel Holland qui est interdit, je m'en rends compte trop tard pour faire demi-tour, à tout véhicule transportant des bouteilles de gaz. La police fait des contrôles mais vu l'heure, le tunnel est surchargé et ils ne vérifient qu'une voie d'accès et ce n'est pas la mienne alors je peux passer sans encombres.
New York2
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(Sud de Manhattan, ground zero et étourneau sansonnet)

Independance Hall Le lendemain, je m'arrête à Philadelphie classée à l'Unesco pour le bâtiment Independence Hall, lieu où fut proclamée l'indépendance des États-Unis. La visite est gratuite et guidée. C'est un lieu important historiquement pour ce pays et même mondialement lorsqu'on regarde le rôle des États-Unis aujourd'hui mais le site ne m'inspire pas spécialement.

Le pays de la liberté signifie aussi la liberté d'avoir avec comme conséquence que la propriété privée est très protégée. Comme presque tout appartient à un privé, il n'est pas toujours facile de trouver des endroits pour dormir. Mes premières nuits je n'ai pas eu de soucis car j'étais dans des régions peu denses en population donc je trouvais de quoi faire dans des bois isolés. Mais maintenant, c'est beaucoup plus construit, je ne trouve rien de clairement libre alors je décide de m'arrêter sur un parking public où aucune interdiction de passer la nuit n'est indiquée. Pas de chance, je suis dans le minuscule état du Delaware où dormir sur des parkings publics est interdit. Je suis donc réveillé à 1 heure du matin par des policiers qui tambourinent à une vitre de ma voiture. Après 20 minutes de questions et réponses sur moi-même mais aussi sur mon voyage et ma voiture (ils sont très curieux), ils me rendent finalement mon passeport en me disant que je peux rester dormir là (ils ont dû bien comprendre que je ne pouvais pas deviner cette loi spécifique à cet état). J'ai cependant peur qu'une autre patrouille ne vienne mais ils me rassurent, tous les policiers des environs sont au courant et personne ne viendra plus me contrôler !

Monticello
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(Monticello, fleur étrange, université de Virginie)
J'arrive plus au sud à Charlottesville. Son université et la villa Monticello sont classées à l'Unesco car construites par Thomas Jefferson, un des signataires de la déclaration d'Indépendance, vice-président des États-Unis et deux fois président, mais surtout un homme attaché aux Lumières qui s'intéressait à tout et notamment à l'architecture. Les bâtiments sont construits selon des modèles de la rome antique. La villa de Monticello contient quelques restes de ses collections mais très peu de choses sont originales car à sa mort, il était couvert de dettes alors presque tout a été vendu. Le musée est très intéressant mais le prix d'admission de 25 dollars m'est resté un peu en travers de la gorge.

Ce qui m'aura le plus surpris est que j'ai pu entrer sans aucun contrôle dans l'université de Virginie avec mon appareil photo autour du cou. Pire, j'ai pu également entrer sans souci dans des bâtiments (bibliothèque, bâtiments de musique et d'économie où j'ai pu voir par les portes vitrées des cours de mathématiques qui m'ont rappelés de bons souvenirs d'étudiant). Dans cette période de tension internationale et avec les nombreux cas d'américains faisant des massacres en particulier dans des écoles, j'ai trouvé ce laisser-aller sur la sécurité assez surprenant.

Après ces trois premiers biens classés pour leur importance historique ou architecturale, je vais maintenant changer complètement de thème pour aller dans un parc national, celui de Great Smoky Montains. Il est classé car il renferme une collection de végétaux incroyables avec par exemple plus d'espèces d'arbres que ce que l'on peut trouver dans l'ensemble de l'Europe. Mais le parc est aussi réputé pour ses animaux sauvages avec notamment ses ours noirs dont la population est estimée à environ 1 500 soit presque un ours par kilomètre carré. Le site internet du parc est très bien fait et fournit plein de conseils pour ne pas prendre de risque avec ces animaux. J'aurai mon spray anti-ours sur moi lors de ma seule randonnée que je ferai, la météo étant trop médiocre le second jour.

J'avoue ne rien connaître en végétaux alors j'y vais surtout pour essayer de voir un ours. Avant d'atteindre le parc, je m'arrête manger dans un restaurant juste à côté de la ville de Marion (clin d'œil à ma nièce). Chance incroyable, alors que je suis encore à plus de 250 kilomètres du parc, un homme s'approche de ma table, il a vu ma voiture avec ma plaque française. Après quelques minutes de discussion (il me conseille, notamment en Caroline du Nord, de ne pas dire que je suis français mais suisse avec une voiture prêtée par une université française car il y a parfois un racisme anti-français qui pourrait m'attirer des ennuis), il ressort du restaurant et revient avec une carte détaillée de la région et notamment du parc où je vais, carte qu'il a annotée d'informations diverses mais qu'il me laisse avec un grand sourire : vous imaginez un français donner sa carte routière à un américain en visite dans les Écrins ou le massif central ?

On ne peut pas dormir dans le parc sauf dans des emplacements réservés (campings payants). L'extérieur du parc est très dense en population (ce qui me surprend, je pensais me retrouver un peu tout seul au milieu de nulle part), il y a notamment une route bordée de nombreux cabarets et divertissements en tout genre, on se croirait presque dans un mini parc d'attractions. Je trouve finalement un endroit juste à côté d'une entrée du parc sur le parking d'un centre d'informations du parc justement, j'y passerai deux nuits sans souci et au calme.

Le parc est énorme (200 000 hectares, 150 sentiers couvrant presque 1300 km, de nombreuses routes nécessitant parfois des 4*4 surélevés pour passer des gués), je décide de faire la boucle Cades Cove en voiture (le parc est constitué principalement de forêts mais cette boucle entoure une large zone herbeuse où viennent paître de nombreux animaux), de m'arrêter au bout de cette zone pour faire une petite marche jusqu'à la cascade d'Abrams, histoire de commencer simple. La route est assez fréquentée mais les animaux semblent être habitués et je peux voir plusieurs dindons sauvages et de nombreux cerfs de Virginie. Au début du sentier de randonnée, un panneau explique les précautions à prendre en cas de rencontre avec un ours et notamment de ne jamais leur donner à manger car ils n'ont alors plus peur de l'homme et peuvent devenir agressifs s'ils sentent de la nourriture : un ours a justement été abattu il y a quelques semaines car il avait blessé un randonneur. Je me sens prêt, avec mon spray et mes 2 bâtons de randonnées pour faire du bruit et de grands gestes au cas où.

La randonnée jusqu'à la cascade est beaucoup plus courte que je ne pensais, un peu plus d'une heure de marche sur un sentier facile. Après avoir consulté la carte laissée par l'américain, je décide de le poursuivre, d'en rattraper un autre perpendiculaire, puis un troisième qui me ramènera à mon point de départ. Arrivé au premier carrefour, je déchante vite car le second sentier commence par une rivière avec un gué et il y a beaucoup d'eau. Je consulte à nouveau ma carte et vois qu'une autre boucle à peu près de même longueur est possible. Mais les distances sont trompeuses, surtout que le sentier passe son temps à monter, descendre et à tourner à droite, à gauche, alors je finirai par faire 7 heures de marche pour 23 km. C'est uniquement en forêt et ce n'est pas vraiment le type de randonnée que j'apprécie. Cela me permet cependant de tester mon filtre à eau : je n'avais pris qu'une gourde d'eau d'un litre que j'ai un peu vite consommée. A deux endroits en traversant de minuscules ruisseaux je remplis une autre gourde (souple et adaptée au système de fixation de mon filtre), y fixe ledit filtre et une eau claire et d'un gout excellent étanchera ma soif.

Pendant ma marche, je croise de beaux papillons, un arbre mort recouvert d'une multitude de champignons, de grosses guêpes, un millepatte (déjà vu au Canada), un beau scarabée vert, une belle sauterelle, des fleurs inconnues et enfin au bout de 3 heures des crottes qui sont sûrement d'ours (contenant beaucoup de baies qu'ils mangent mais digèrent mal). Je croise aussi une trace dans la boue mais je ne sais pas ce que c'était. Il y a des sortes de chênes qui laissent au sol d'énormes glands plus larges que mon pouce.

Great Smoky
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(Cascade, forêt, dindon, papillons, champignons, guêpe, scarabée, fleurs, gland, ours, hibou, ourson)
Et le miracle arrive. Alors que je commençais à me faire une raison au fur et à mesure que je me rapprochais de mon point de départ, j'aperçois juste devant moi, au détour d'un virage, après exactement 6 heures de marche, un ours. Il me regarde, je laisse tomber mes bâtons pour prendre mon appareil photo et c'est bon, je l'ai eu ! Il fait demi-tour, s'éloigne en petites foulées sur le sentier, s'arrête au bout d'une ligne droite, se retourne pour me jeter un dernier regard puis prend un virage et disparait de ma vue. Je suis trop content mais comme il suit le sentier que je dois continuer (je ne vais évidemment pas refaire 6 heures de marche dans l'autre sens), je reprends mes bâtons, sors ma caméra au cas où et avance prudemment jusqu'à l'endroit où il a disparu.

Mais il avait pas mal d'avance et le sentier commence à faire plusieurs zigzags rapprochés alors je ne le vois pas. Lorsque j'arrive finalement en début d'une longue ligne droite, je dois me faire une raison, il a dû quitter le sentier et je ne le reverrai plus.

Les bonnes surprises ne sont pas finies : alors que je suis presque de retour à la voiture, j'entends un beau chant d'oiseau. Ce n'est pas le premier mais je n'ai pas encore réussi à prendre en photo l'un de leurs auteurs alors je m'arrête à nouveau et cherche dans les branches au-dessus de moi. Et voilà que j'aperçois un magnifique hibou qui m'observe sans faire de bruit. Il n'a pas peur et j'aurai tout le loisir de le prendre en photo.

De retour à voiture, je suis trop heureux de cette journée et je me dis que, au lieu de poursuivre la boucle autour de la zone herbeuse, je vais prendre une route qui traverse tout le parc du nord au sud. Et là, second miracle, au bord de cette route à moins d'un kilomètre et demi de son départ, un ours apparait sortant de hautes herbes. Je m'arrête immédiatement et l'ours traverse devant moi... suivi quelques secondes plus tard par un bébé ourson ! Il fait cependant très sombre et mes photos sont un peu floues. Je prends vite ma caméra car, au lieu de partir dans la forêt tout de suite, les deux ours restent près de la route dans des hautes herbes qui les cachent un peu mais c'est toujours mieux que derrière les arbres assez denses. Pour ne pas perturber le son de ma caméra, je coupe le moteur de ma voiture et, pendant que je commence à filmer, je vois du coin de l'œil un mouvement : un deuxième ourson, peut-être apeuré par le bruit de ma voiture, était caché dans les herbes mais il traverse maintenant la route. Il boite, il s'est apparemment blessé à une patte arrière. La mère et le premier sont maintenant partis mais j'aperçois encore un mouvement derrière des feuilles. Je redémarre la voiture pour avancer un peu et mieux voir mais le mouvement prend alors la fuite. Contre toute prudence, je sors de la voiture, m'approche et constate que le second ourson a dû monter sur un vieux tronc d'arbre déraciné qui est juste là. Mais il n'y a évidemment plus personne.

Je reprends la route et je croise d'autres voitures qui ne savent pas ma chance. Après deux kilomètres, c'est finalement barrée par une barrière, je dois faire demi-tour et revenir finir la boucle. Celle-ci est fermée aux véhicules pendant la nuit alors tout le monde part en même temps ce qui créé de grands ralentissements car nombreux sont ceux qui essaient de voir encore des animaux. A un endroit, une voiture est arrêtée avec une femme prenant des photos, je me retourne et vois une masse sombre assez loin très peu visible. Je me dis que c'est peut-être encore un ours (ce qui ferait mon cinquième) mais je ne m'arrête pas, il fait de toute façon presque nuit et il est beaucoup trop loin.

Le lendemain, je veux faire une autre randonnée beaucoup plus à l'est mais il pleut alors je décide de quitter le parc. Le bien de l'Unesco théoriquement suivant est en Floride, il s'agit du parc des Everglades, classé pour sa grande variété d'oiseaux et de reptiles notamment. Mais il est très loin par rapport aux autres biens classés et à mon avis assez difficile d'accès car situé en zone marécageuse. J'ai de plus vu de nombreuses émissions à la télévision parlant de ce parc avec ses célèbres alligators et crocodiles alors j'ai finalement décidé de ne pas y aller.

A la place je remonte pour un autre parc situé au nord ouest, le parc national de Mammoth Cave. Je change d'heure en cours de route (7 heures de décalage par rapport à la France). Le parc est classé car il contient la plus grande grotte au monde, un réseau souterrain de plus de de 600 km de long et tous les ans de nouvelles expéditions le rallongent encore (mais cette longueur s'obtient sur une surface relativement faible puisque la grotte en fait est constituée de nombreuses ramifications sur 6 niveaux. C'est un peu comme si on disait que la Seine faisait 5 000 ou 10 000 km de long, je n'ai pas fait le calcul, car on ferait la somme de la rivière principale et de tous ses affluents ! Dit autrement, il n'est pas possible de faire les 600 km d'une seule traite, il serait nécessaire de faire de nombreux aller-retour, de passer de nombreuses fois aux mêmes endroits pour pouvoir faire l'ensemble des branches du réseau).

Mammoth Cave
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(Parc, grottes, concrétions, grillons des cavernes, écureuils, cerf, pic, sittelle à poitrine blanche, dindons sauvages, cigale)
Ce qui fait surtout l'originalité de cette grotte est le nombre d'espèces d'animaux qui y vivent, soit de manière temporaire (comme des grillons ou des chauves souris qui y dorment mais sortent souvent pour se nourrir), soit permanente (poissons sans yeux ni pigments sur la peau ou certaines espèces de salamandres).

Je ferai deux visites guidées de deux sections différentes (plus de 4 heures de marche au total) mais serai un peu déçu par le manque de concrétions à part à un endroit bien particulier appelé les chutes du Niagara (de belles draperies). La forme des grottes varie énormément, de très larges corridors s'élargissant parfois en énormes salles ou de très étroits couloirs. D'animaux, je ne verrai que des grillons des cavernes, ils sont très gros (5 cm de longueur) et il y en a énormément à certains endroits. Par contre, je croiserai d'autres espèces d'animaux mais dans le parc au dessus des grottes.

J'essaie de passer ma première nuit sur le parking du centre d'accueil du parc mais un policier fait le tour des voitures et demande à tout le monde de partir. Le port d'armes doit être autorisé dans cet État car la deuxième question qu'il me pose est "avez-vous une arme ?" (la première étant "tout va bien, monsieur ?", ce que je trouve plutôt sympathique comme introduction).

Je continue à remonter vers le nord ouest pour aller voir un site indien âgé d'environ 1 000 ans, les Cahokia Mounds. Habité de 800 à 1 350 après J.-C., il a pu accueillir selon les archéologues jusqu'à 20 000 habitants au XIIème siècle, ce qui est énorme (à la même époque, Londres par exemple était moins peuplée). Du village construit en bois, il ne reste rien mais il y a de très nombreuses buttes de terre (environ 80 sont visibles sur les 120 que devait contenir le site). Certaines servaient de lieu d'habitation (les chefs ou prêtres avaient leur maison sur les terrasses des plus hautes) ou de lieu d'inhumation (l'une d'entre elles contenait près de 200 squelettes dont l'un, sûrement un chef, sur un lit de coquillages ayant la forme d'un oiseau) mais pour beaucoup d'entre elles les scientifiques ne connaissent pas leur raison d'être. Outre ces buttes, il y avait également des cercles constitués de hauts poteaux de bois (à la manière des cercles de pierres qu'on trouve en Europe) : lorsqu'on se plaçait au centre, le soleil était alors parfaitement aligné avec certains poteaux lors des équinoxes et solstices.

Cahokia
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(Butte des moines, face et profil, les buttes jumelles, objets divers, cerf)
L'une des buttes, appelée butte des moines car des moines français s'y sont installés au XIXème siècle, fait presque 300 mètres de long pour 240 de large et 30 de hauteur, faisant d'elle la plus grande structure de terre du continent nord américain (il est probable qu'à l'époque elle était encore plus grande que cela, ce type de construction étant très sensible à l'érosion). Elle fut construite en plusieurs étapes sur une période de près de 300 ans.

Je suis surpris par le peu de fouilles archéologiques qui ont été faites (de nombreuses buttes sont indiquées comme "pouvant" être un lieu de culte ou une sépulture mais elles n'ont pas été étudiées). Le musée contient quelques belles découvertes. Mais il expose relativement peu d'objets alors que 5 à 20 000 habitants (selon les périodes) ayant vécu près de 400 ans au même endroit devraient avoir laissé à mon avis beaucoup plus de traces qu'indiquées.

Ce sera d'ailleurs le cas dans le prochain bien que je vais voir. Je pars maintenant plein sud pour le nord de la Louisiane. La route est longue et j'observe un changement météorologique évident. D'une température de 15 à 19°C, je traverse un premier gros orage (qui dure plus d'une demie heure avec de très fortes précipitations) et me retrouve de l'autre côté à 25° C dans une atmosphère irrespirable car saturée d'humidité. Quand je m'arrête pour manger, il y a une chaîne d'informations qui parle de tornades, je suis en fait en plein dans la zone où elles se fabriquent (du fait du croisement de l'air chaud remontant du golfe du Mexique et de l'air froid descendant du pôle nord) mais j'ai de la chance, aujourd'hui elles sont beaucoup plus à l'est. En reprenant la route, je traverserai encore 4 orages dont un encore plus violent que le premier, verrai un mini tourbillon dans un champ, aurai quelques rafales de vent mais rien de trop important. J'arriverai finalement près du bien classé en retrouvant le ciel bleu et un air beaucoup plus sec et agréable. Sur les derniers kilomètres, il y a pas mal de champs de coton et dans un pré il y a un troupeau de vaches avec un nombre impressionnant d'aigrettes. Les tracteurs sont étonnants, à l'arrière mais parfois aussi à l'avant, ils ont 2 roues de chaque côté espacées de près de 50 cm. Mais ce qui m'étonne le plus est le nombre d'églises, ou plutôt de sectes, présentes dans les villages que je traverse, toutes bien portantes au vu de l'état impeccable des bâtiments. Le soir pendant que je mange la portière ouverte pour évacuer la chaleur de la préparation de mon repas une belle mante religieuse entre dans ma voiture.

Le bien que je viens voir, les tertres monumentaux de Poverty Point, a été rajouté il y a 3 mois à la liste de l'Unesco. Il s'agit d'un site créé il y a presque 4 000 ans par une population précolombienne. Il est totalement incroyable (vu du ciel) car constitué de 6 monticules hémisphériques concentriques et de 5 buttes dont une, la plus grande avec plus de 20 mètres de hauteur, ressemble à un oiseau les ailes ouvertes (d'autres buttes de terre, à d'autres endroits des Etats-Unis, ont ainsi des formes représentatives, comme par exemple des buttes représentant clairement un serpent, un oiseau ou un mammifère).

Poverty Point
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(Plan, tertres, musée, araignée)
Sur place, cela fait comme lorsque j'ai visité certains campements le long du mur d'Hadrien en Angleterre : on est trop près du sol, l'érosion a bien élimé les crêtes et on ne voit pas grand chose (ils ont pourtant essayé de bien faire, notamment en tondant l'herbe en dehors des monticules pour essayer d'accentuer par contraste la hauteur de ceux-ci).

Le musée n'est pas très grand mais il renferme quantité d'objets, notamment des pointes diverses (de flèches, de harpons, de lances, etc) et des boules sculptées qui vraisemblablement étaient utilisées dans les foyers pour garder plus longtemps et plus uniformément la chaleur des feux lorsqu'ils cuisinaient.

Pendant ma découverte du site que je fais à pied, alors que je lis le descriptif en marchant, je mets ma tête en plein dans une toile d'araignée. Après m'être débarrassé difficilement des fils collants en m'étant assuré que je n'avais pas récupéré au passage son légitime occupant, je pile quelques mètres plus loin devant une autre toile. Au milieu trône une espèce que je n'avais encore jamais vue et d'allure vraiment pas sympathique : mais à vous d'en juger.

J'ai fini les biens situés dans les États les plus à l'est des États-Unis. Les paysages ressemblaient beaucoup à ce que nous avons en Europe, des forêts ou des plaines cultivées, ce n'était pas très dépaysant. J'ai commencé une grande traversée vers l'ouest (1 300 km jusqu'au bien suivant situé au Nouveau Mexique) et les paysages ont déjà bien évolué, beaucoup plus secs. On se rapproche des paysages de western bien connus et je suis particulièrement content d'aller voir cela de mes propres yeux. Au programme il y aura notamment le Grand Canyon et le parc de Yellowstone.

Pour finir cette nouvelle, quelques caractéristiques des États-Unis : c'est le pays où est utilisé le plus d'unités non standards (pour les distances = miles, pieds et pouces, les températures = degrés Fahrenheit, les poids = livres et onces anglaises, les volumes = gallons). Il est parfois très difficile de lire les panneaux routiers car au lieu d'utiliser des symboles qui pourtant existent, ils préfèrent écrire dans de longues phrases ce qu'on n'a pas le droit de faire (interdiction de dépasser, interdiction de s'arrêter et de stationner, etc). Il y a parfois tellement long à lire que vous en ratez forcément des bouts (j'ai ainsi stationné dans un parking réservé à des détenteurs de passe car il y avait trois panneaux couverts d'écriture et en arrivant je n'ai eu le temps de lire que le premier qui interdisait le stationnement seulement l'après-midi. Je n'ai lu le second qu'à mon retour, quant au troisième, j'ai oublié de le lire car quand j'ai lu le second je suis vite allé à la voiture pour vérifier si j'avais eu un PV, ce qui n'était pas le cas). Les travaux forcés existent toujours dans ce pays : si vous faites une mauvaise action (comme jeter des ordures sur le bord de la route), vous serez puni d'une amende et/ou de plusieurs heures de travail pour le bien de la collectivité. Mais le service public est tellement peu développé que les autoroutes ne sont apparemment jamais nettoyées et il y a un nombre impressionnant de pneus éclatés, en général sur les accotements mais parfois aussi au milieu de la chaussée (sans parler des détritus, sacs poubelles ou parechocs). Et comme ils n'arrivent plus à financer les routes, ils ont inventé le système de l'adoption (adoption d'une rue, d'une portion de route ou d'autoroute) où, en échange de votre argent pour entretenir la route, vous avez le privilège de voir votre nom apparaître sur un panneau (peu de particuliers le font, ce sont surtout des entreprises ou des églises qui trouvent ainsi une nouvelle méthode de mécénat).

Pont sur l'Ohio, près d'Evansville Comme au Canada, il y a de nombreux ponts métalliques magnifiques. A chaque sortie d'autoroute, il y a des panneaux d'informations sur les services que l'on peut trouver (les hôtels, restaurants et stations service mais parfois aussi les attractions locales comme des musées). Très pratique, surtout que pour les stations service ils précisent celles où il y a du diesel (comme au Canada, presque 100% des voitures roulent à l'essence, le diesel étant réservé aux camions, et j'ai parfois eu du mal à en trouver quand je ne circulais pas sur une autoroute). Le long des autoroutes, il y a beaucoup d'aires spéciales pour les camions pour contrôler leur poids, même si elles sont souvent fermées (quand elles sont ouvertes, tous les camions doivent s'y arrêter).

Les campagnes sont très bruyantes car il y a énormément de cigales ou grillons qui font un bruit beaucoup plus fort que chez nous. Enfin, les américains sont curieux, accueillants, souriants, loin de l'image que l'on s'en fait avec les feuilletons, séries et films qu'ils produisent.
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