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Je passe la frontière sans encombres, le contrôle de la voiture s'effectuant très rapidement : le temps d'entrouvrir les 2 tiroirs arrières et de les refermer.

Je vérifie que je n'ai pas changé d'heure (toujours +1 par rapport à la France) et après quelques courses, je pars vers la réserve naturelle de Srebarna classée à l'Unesco car lac d'eau douce où viennent migrer de nombreux oiseaux pendant l'hiver, notamment des pélicans. On est début décembre donc j'espère en voir.

La réserve naturelle de Srebarna Malheureusement, le lac est entouré de joncs et les oiseaux sont difficiles à observer, même si le site est très bien aménagé avec de nombreux postes d'observations. Ils sont bien en hauteur mais hélas un peu loin du lac. L'endroit est très sympa mais il manque d'entretien, avec pas mal de détritus et des sentiers pas toujours très faciles car envahis de nombreux épineux m'obligeant souvent à zigzaguer.

Et finalement je suis encore un peu tôt dans la saison : à part quelques canards, foulques, cygnes et aigrettes blanches, je ne verrai rien de spécial pendant la journée et demie où je scrute. Je repars donc assez déçu.

Le bien classé suivant se situe au nord-ouest de la Bulgarie près du village d'Ivanovo où l'on trouve dans une vallée des églises et chapelles du XIIIe siècle creusées dans les falaises avec pour certaines de vieilles fresques.

Fresque de l'église de la Sainte Vierge à Ivanovo L'église la plus typique (église de la Sainte Vierge) est fermée mais j'arrive à prendre quelques photos des peintures murales et du plafond par la porte très abîmée qui ne bouche pas complètement la visibilité. Cela manque cependant un peu de contraste car il fait assez sombre à cause de la pluie : cela dure maintenant depuis 3 jours, avec aussi un peu de froid qui m'a apporté pendant quelques secondes du grésille. Mais j'ai eu en Roumanie et même avant presque un mois de ciel bleu ainsi que quelques jours de chaleur (+18°C il y a 4 jours), alors je ne me plains pas.

Je fais une longue marche pour essayer de voir d'autres églises (sentier ici aussi pas du tout entretenu avec notamment un pont en bois à moitié pourri), mais certaines sont devenues inaccessibles (chemins dans la falaise impossibles à trouver sous les broussailles ou très escarpés et trop risqués à cause de la pluie), d'autres sont ouvertes mais sans peintures et les 2 dernières sont fermées par une grille et rien n'est visible depuis l'extérieur.

Je retourne au village où je trouve un petit centre d'informations touristiques. Le responsable me dit que l'église principale devrait normalement être ouverte avec quelqu'un sur place. J'y retourne, histoire d'explorer les lieux un peu plus mais peine perdue. Je me dis que, vus la météo et le peu de visiteurs, cette personne n'a peut-être pas eu le courage de venir travailler et je décide de rester jusqu'au lendemain, le beau temps semblant revenir en fin de journée.

En attendant, je fais quelques kilomètres vers le sud pour aller voir un site archéologique thrace, romain puis byzantin près du village de Cherven : c'est normalement payant mais il n'y a ici aussi personne (hélas car je voulais les interroger sur l'accès aux églises d'Ivanovo) et le site est librement ouvert. De visible, il ne reste que la période du XIIIème au XVIème siècle avec une citadelle contenant entre autres un château et de nombreuses églises (11 selon la carte sauf qu'il n'y a pas d'église n° 8) : pas en très bon état mais assez intéressant tout de même. Je retourne dormir près des églises d'Ivanovo. Le lendemain, il fait un temps magnifique mais il n'y a toujours personne. La luminosité étant très bonne, je reprends quelques photos des peintures avant de partir.

Direction plein ouest vers le tombeau thrace de Svechtari. Je dois refaire le plein d'essence mais pour la première fois je tombe sur une station service qui n'accepte pas les cartes de crédit (j'avais demandé avant de remplir mon réservoir). Ma carte routière indiquant qu'il y en a une autre dans un des prochains villages que je dois traverser, je reprends la route. Mais rebelote. Je suis juste à côté du tombeau selon mon GPS, alors je décide de le visiter avant d'aller au village suivant qui semble être de taille plus conséquente que les 2 derniers, ce qui devrait augmenter mes chances. Je me dis que sinon je mettrai un minimum en liquide. J'arrive cependant sur une barrière à l'entrée d'une forêt clairement privée : les coordonnées GPS étaient apparemment erronées. Il y a un gardien qui comprend ce que je veux voir et m'explique gentiment la route à suivre. Je fais presque 25 kilomètres avant d'apercevoir enfin un panneau indicateur pour le tombeau, pas très loin du gros village que je visais pour ma troisième station service. Je dois être presque à sec alors je poursuis jusqu'au village : tout va bien, ma carte est cette fois-ci acceptée.

Le site est encore ouvert au public : j'ai de la chance car il n'y a pas grand monde en cette saison (je serai seul pendant la visite) et ma guide me dit qu'ils vont probablement fermer rapidement.

Le tombeau thrace de Svechtari La zone contient en fait plusieurs tombeaux enfermés dans des tumulus de terre qui forment de petites collines émergeant des terres labourées. Ces tumulus n'ont été "découverts" (archéologiquement parlant) qu'en 1982 et celui qui est classé à l'Unesco contient un tombeau remarquable : un bâtiment de pierres de 3 pièces, avec des colonnes et des statues de femmes-végétales ainsi qu'une belle peinture murale.

Il est protégé par une énorme porte blindée et il y a un système de ventilation pour maintenir température et humidité. Je suis obligé comme ma guide d'enfiler des sacs plastiques sur mes chaussures pour ne pas salir les lieux. Les photos sont évidemment totalement prohibées à l'intérieur, alors je prendrai une photo d'une photo exposée à la billeterie.

En dehors de ces tumulus, il y a également un site archéologique d'une ville thrace, non classée à l'Unesco mais je décide d'y faire quand même un tour. Des fouilles sont en cours et ce qui a déjà été mis à jour n'est pas très probant. Peut-être parce que la ville a été au IIIe siècle avant J.-C. complètement détruite par un tremblement de terre. Je décide alors de retourner voir les autres tumulus : mais ils sont soit en très mauvais état (les fouilles les ont éventrées et ont constaté que des pilleurs étaient déjà passés par là), soit fermées car toujours en cours d'investigation. Je constate que tous les tombeaux ont des ouvertures en direction du sud-est, ce qui m'intrigue. Je décide d'aller interroger la guide : c'est l'heure de la fermeture mais elle est encore là. Elle m'explique que les tombes devaient être tournées autrefois vers le soleil levant, mais que la terre à tourner ! Je n'insiste pas... J'en profite cependant pour lui faire remarquer que le tombeau thrace est dans un état remarquable à la différence de la ville détruite, concluant que c'est sûrement la gangue de terre qui l'a protégé des tremblements de terre. Je lui demande si dans le dispositif de sécurité formidable mis en place, il y a quelque chose pour le protéger d'évènements sismiques maintenant que le tumulus a été excavé. Elle ne sait pas me répondre mais je crains le pire. Cependant, je conviens bien volontiers que le péril le plus important pour un monument comme celui-là, c'est avant tout l'homme, que ce soit les pilleurs de tombes ou les graffitis de tout un chacun.

Le cavalier de Madara Je poursuis vers l'est pour voir le cavalier de Madara, une gravure du IXe siècle sur une falaise de 100 mètres. La gravure fait elle-même 2 ou 3 mètres de haut au pied de la falaise, elle est composée d'un cavalier dominant un lion, suivi d'un chien et accompagné d'un texte.

Le site contient d'autres ruines dont une ancienne fortification tout en haut de la falaise avec un chemin d'accès assez raide mais très bien aménagé.

Depuis que j'ai quitté Ivanovo, je ne traverse que des villages en très mauvais état, très pauvres avec beaucoup de maisons en ruine. C'est particulièrement vrai maintenant, dans la région à l'est du cavalier (mais cela ne sera plus le cas quand j'arriverai un peu plus au sud). Par contre, je suis surpris par le nombre de voitures haut de gamme que je croise, 4x4 ou grosses berlines allemandes. J'en aurai l'explication un peu plus tard par un auto-stoppeur : pendant la période communiste, ils ne pouvaient pas acheter le moindre véhicule alors après la chute du régime, ils se sont tous précipités sur les plus gros modèles et y ont pris goût.

Une coutume m'étonne particulièrement, c'est le fait de poser des affiches le jour où ils rendent hommage à leurs morts : que ce soit sur les tombes elles-mêmes, sur les murs des cimetières, sur de nombreuses maisons voire sur des poteaux électriques ou des arbres, je croise presque partout ces affiches, avec une photo du mort quand il était vivant, une date de visite au cimetière et un texte de compassion (enfin j'imagine car je ne parle pas bulgare et avec son alphabet particulier, je ne le lis même pas). Je suis cependant sûr de moi car dans un village, je vois une vieille femme qui épingle ce type d'affiches mais avec la date du jour, d'abord sur une tombe puis sur le mur du cimetière, sûrement une veuve venant voir son mari. Je trouve aussi parfois plusieurs affiches pour le même mort mais à des dates et avec des textes différents. A croire qu'il faut afficher aux yeux de tous qu'on a rendu visite à son mort tel jour. Je trouve cela déplorable.

Autre coutume étonnante (vérifiée sur Internet car je voulais en avoir la certitude) : lorsqu'un bulgare dit non avec la tête, il l'oscille de haut en bas comme pour dire oui et inversement ! Cela surprend la première fois et j'ai dû reformuler plusieurs fois ma question pour être sur d'avoir bien compris ce non gestuel associé au oui verbal. Il paraît que cela vient de la religion. Les bulgares ont longtemps été éduqués par des prêtres grecques qui disait 'né' (phonétiquement) en grec pour dire oui avec un signe de tête haut-bas. Sauf qu'en bulgare, 'né' veut dire non et donc les bulgares ont associé le signe de tête haut-bas avec le non. Si cela semble marcher dans ce sens, ce n'est hélas pas le cas pour dire le contraire : le non grec (oxi) avec la tête allant de gauche à droite ne ressemble pas au oui bulgare (da) associé à ce même signe. Mais ce que je retiens surtout de cette explication si elle est vraie (mais j'en doute), c'est que l'éducation des bulgares n'a pas dû être terrible pendant une longue période quand ils croyaient qu'on leur disait non alors qu'on leur disait oui : tu ne tueras pas, tu pardonneras à tes ennemis, tu ne convoiteras pas le bien d'autrui, etc, à l'envers, cela donne quoi ? Et pour les affiches des morts et les grosses voitures, ce ne serait pas un prêtre qui aurait dit tu ne t'afficheras pas aux yeux de tous ?

Je poursuis jusqu'à la mer Noire puis la longe un moment jusqu'à atteindre l'ancienne cité de Nessebar. En cours de route, je peux voir un grand nombre d'immeubles et hôtels en état d'abandon de construction, sûrement le résultat d'espoirs touristiques arrêtés par la crise. Je note d'ailleurs à un endroit que tous les panneaux de signalisation sont commentés (du style, un panneau triangulaire de virage ou de forte pente dessiné dans un panneau rectangulaire jaune et accompagné d'un texte) en bulgare... et en allemand.

Nessebar
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(L'ancienne cité de Nessebar)
La ville de Nessebar qui a plus de 3 000 ans d'histoire est un site remarquable par sa richesse en biens de différentes périodes (thrace, grecque, moyen-âge et XIX siècle) : murs de fortification, termes, églises et très belles maisons ponctuent ma visite. Un seul regret, tout est fermé, je ne vois donc que des extérieurs. Mais le bilan reste très positif.

Nouvelle traversée de la Bulgarie dans l'autre sens, donc vers l'ouest, jusqu'à Sofia. En cours de route je prends en auto-stop un bulgare qui parle très bien anglais et nous discutons beaucoup. J'apprends notamment enfin ce que signifie le panneau de signalisation triangulaire avec un gros rond au milieu (vu pour la première fois en Lituanie et pour la seconde en Bulgarie) : attention, danger, zone à forte concentration d'accident. Après vérification sur Internet, ce panneau n'est pas officiel en Europe et je trouve cela dommage car je tombe sur un texte européen qui encourage les États à se battre contre l'insécurité routière : ce panneau pourrait y aider, j'en suis convaincu.

Je dépose mon auto-stoppeur à Kazanlak bien qu'il voulait aller plus loin car je m'y arrête pour visiter une autre tombe thrace classée à l'Unesco. C'est jour de fermeture ainsi que le lendemain mais je décide de patienter vue la qualité du premier tombeau visité. Je profite de cette attente pour feuilleter un livre de randonnées que je possède et je me fais un nouvel itinéraire pour les prochains jours qui sera une alternative en zigzag par rapport à la ligne droite initialement prévue jusqu'à Sofia. Il fait une bonne petite chaleur et je me mets en tee-shirt pour effectuer une lessive à la main.

Partie de la fresque sous le dôme du tombeau thrace de Kazanlak Le tombeau que l'on visite est en fait une réplique de l'original afin de protéger ce dernier, notamment ses fresques. Comme pour le précédent, la tombe est à l'intérieur d'un tumulus, elle est constituée d'un corridor et d'une salle circulaire avec un dôme. Je suis étonné par la petite taille de l'ensemble, je dois me baisser pour entrer dans le corridor dont je touche presque les 2 parois avec mes épaules et la salle doit avoir un diamètre de 2 mètres environ pour une hauteur de 2,5 mètres. Il y a 2 peintures (qu'on peut prendre en photo), une sous le dôme et une au sommet du corridor. Elles sont évidemment assez petites mais très belles avec des couleurs splendides. Je suis cependant assez déçu surtout à cause du côté riquiqui de l'ensemble.

Mon itinéraire vers Sofia me conduit pour commencer vers de nombreux tumulus (mais aucun n'est ouvert au public) puis sur différents monuments à la gloire du communisme (pour la plupart à l'abandon, certains avec des lichens, d'autres difficiles d'accès car les chemins ne sont plus entretenus) et enfin dans plusieurs monastères (avec des peintures intérieures quasiment invisibles sous le noir du suif des cierges et des extérieurs au contraire plutôt délavés, quand il y en a) : seul le monastère de Troyan valait le déplacement. A certains endroits (virages à l'ombre sur des versants nord), je trouve mes premières traces de neige sur le bord mais aussi parfois sur la route. A d'autres endroits, les arbres sont cassés, déracinés, enchevêtrés, comme s'il y avait eu une grosse tempête quelques jours plus tôt.

Tryavna et Veliko Turnovo Je visite 2 villages (Tryavna et Arbanasi) comportant de nombreuses belles demeures : maisons avec rez-de-chaussée en pierres, premier étage avec des balcons fermés utilisant beaucoup le bois et toits en pierres plates. Je suis très déçu par le second village lorsque je me rends compte que finalement ces belles demeures ne sont que des restaurants et hôtels récents pour touristes, donc pas du tout authentiques !

Je visite également la ville de Veliko Turnovo avec son très beau site archéologique de Tzarevets (malgré les nombreux détritus et tuyaux rouillés qui sortaient de terre), ancienne capitale de l'empire bulgare du XIIème au XIVème siècle. On retiendra notamment ses remparts et son église Patriarcale du XIVème siècle, splendide car contenant des peintures modernes ressemblant à des dessins de Bilal ou Schuiten.

Dans le premier village Tryavna, je me fais physiquement agresser par un bulgare : avec sa voiture, il recule volontairement et me rentre dedans à vitesse très réduite pendant que je suis en train de prendre une photo, sans me causer heureusement de dommages. Ce n'est pas la première fois que j'ai des soucis avec des bulgares mais auparavant c'était uniquement verbal : un ton très colérique lorsque je demandais un renseignement et que mon interlocuteur ne savait pas.

Il n'y a pas que sur les sites visités que je trouve des détritus, d'une manière générale la campagne bulgare est très sale et j'ai beaucoup de mal à trouver des endroits propres pour passer la nuit. Mais tous ces déchets ne sont pas perdus pour tous, ils font le régal des chiens errants qu'on croise comme en Roumanie.

Le sommet du Vezhen vu depuis le refuge du même nom Je stoppe temporairement mes visites et prends la direction du refuge de Vezhen, point de départ d'une randonnée que je souhaite faire vers le sommet du même nom à presque 2 200 mètres. Cette fois-ci je trouve quelques plaques de glace et de la neige fraiche (tombée la veille car j'ai eu un peu de pluie à faible altitude) sur le chemin d'accès puis sur les arbres (le refuge se situant quand même à 1 600 mètres), mais cela reste minimaliste (1 ou 2 cm) et la voiture passe sans problèmes (première fois que je teste mes nouveaux pneus dans la neige et sur le verglas). Le ciel est d'un bleu magnifique mais il est l'heure de bivouaquer et pendant la nuit, un vent assez fort se lève. Au matin, il m'oblige à prendre mon petit déjeuné dans la voiture car il y a des rafales parfois très violentes. Je crains qu'au sommet ce soit pire, sommet en plus qu'on ne voit plus car en partie dans un nuage. Je décide alors d'abandonner et de redescendre. Je croise des gardes forestiers qui veulent savoir ce que je fais là puis me laissent repartir sans autre forme de procès.

Les paysages ressemblent ici un peu à ceux de la Roumanie, avec tas de paille dressés dans les champs, forêts de hêtres, maisons en bois ou belles demeures. Je croise aussi pas mal de chevaux parfois transportant des bûches directement sur leur dos. Les routes ont bien souffert, avec des éboulements de talus minimisant la largeur de la chaussée ou de belles flaques boueuses.

Koprivshtitsa Je finis mon détour avec une visite du village de Koprivshtitsa, tout simplement splendide avec ses maisons dans le style précédemment cité, mais en plus certaines sont peintes de couleurs variées (le bleu et l'orange dominent, mais il y a aussi du violet et du vert).

Pour ma dernière nuit avant d'atteindre Sofia, je dors à 650 m et au matin (18 décembre) il y a des traces de neige dans les champs (et beaucoup sur les sommets). Puis je traverse des zones (toujours autour de 600 à 700 m) où il y en a également un peu sur la route (à des endroits où il y a 2 ou 3 cm dans les champs). Je m'arrête quelques instants car 2 chiots sont en train de gémir et grelotter au milieu de la neige, comme s'ils avaient été abandonnés. Je leur donne à manger (enfin, un seul mange, l'autre à peur de moi et hurle dès que j'approche ma main tenant de la viande). Je finis par déverser un petit tas de nourriture près d'eux avant de repartir.

A Sofia même, il a également un peu neigé. Je visite l'église de Boyana du Xème siècle, classée à l'Unesco notamment pour ses magnifiques fresques du XIIIème siècle (pas de photo autorisée et temps d'accès limité pour éviter que notre respiration n'altère les peintures... même quand il n'y a pas de visiteurs : on était 3 au lieu des 10 personnes prévues par tour et personne n'attendait pour le tour suivant).

Je reprends la route en direction du sud vers le monastère de Rila, mais auparavant je vais tenter une autre randonnée (des 7 lacs) près de Sapareva Banya car il fait à nouveau beau. Hélas en y arrivant le soir, j'apprends qu'ils annoncent de la pluie pour le lendemain donc sûrement de la neige à l'endroit où je voulais marcher. Là où je dors il y a déjà 3 ou 4 cm, à mon réveil il tombe 2 ou 3 flocons et le temps de monter au départ de la randonnée, il se met vraiment à neiger. J'abandonne et fais (encore) demi-tour. Je redescends lentement car la neige tient vite et je ne connais pas la réaction de mes pneus (qui s'avèreront en fait excellents). Je croise un camion qui sable la chaussée, ou plutôt 2 hommes debout à l'arrière dans la benne d'un camion qui envoient du sable avec leur pelle, ce qui fait des traits réguliers dans la neige. Je passe ma journée dans un hôtel (sur Internet) car normalement le mauvais temps ne devrait pas durer et je veux retenter le lendemain au moins le début du chemin. Sauf qu'en fin d'après-midi, la météo a encore changé et ils annoncent à nouveau de la pluie (ou de la neige). J'abandonne alors définitivement et prends la direction de Rila.

Il y a encore plein de déchets là où je m'arrête dormir. Au matin, des vaches en liberté passent très près de ma voiture sans qu'elles ne la poussent, puis paissent dans le champ voisin et certaines pissent discrètement. L'histoire ne dit pas si elles avaient des puces, mais ne soyons pas trop pinces sans rire. La randonnée des 7 lacs est également faisable depuis le monastère mais maintenant il y a vraiment beaucoup de neige sur les sommets, les 7 lacs sont situés à une altitude assez élevée donc je ne tenterai même pas de trouver l'autre accès.

Rila
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(Le monastère de Rila)
Il neigeote/pleut au moment où j'arrive au monastère, cela s'interrompt puis ils tombent d'assez gros flocons avant finalement de s'arrêter, ce qui ne m'empêche pas de visiter pendant toutes ces phases. Le monastère de Rila est tout simplement une merveille. Il est constitué comme la plupart des autres par des bâtiments formant un carré fermé avec au centre une place au milieu de laquelle se dresse une église. L'église contient des fresques extérieures à couper le souffle. On ne peut pas prendre de photos de l'intérieur (assez sombre de toute façon), mais l'extérieur est autorisé, alors je me régale.

Je descends ensuite à Bansko, près du parc de Pirin (classé à l'Unesco). La météo du soir est enfin bonne pour le lendemain, j'espère pouvoir marcher un peu. Au levé, le ciel est mitigé : le Vihren, plus haut sommet de Bulgarie avec ses presque 3 000 mètres, est caché dans les nuages lorsque j'arrive au pied des pistes de la station d'où partent plusieurs randonnées. C'est apparemment le premier jour d'ouverture des pistes de ski. Je ne sais pas par où démarrer, il n'y a pas de plan des chemins de randonnée et j'ai du mal à trouver quelqu'un pour m'aider. Finalement, parmi les moniteurs de ski, j'en trouve un qui parle un peu anglais et avec l'aide de ses collègues, il me désigne une vague direction pour aller au refuge du Vihren, situé 1 000 mètres sous le sommet, à partir d'une piste de biathlon où s'entraînent quelques personnes.

Pirin
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(Dans le parc du Pirin)
Le chemin n'est pas du tout dégagé, je suis le premier à l'emprunter, il n'est pas toujours très bien indiqué mais comme il n'y a pas encore trop de neige (une trentaine de centimètres très poudreuse), j'arrive à distinguer un semblant de tracé entre les arbres. Il débouche sur un premier refuge évidemment fermé où il y a enfin à l'extérieur un plan avec des horaires (je mettrai environ le double). Je poursuis au soleil sur une route facile à deviner, puis bifurque pour suivre le marquage. Je dois alors pas mal improviser d'autant qu'à un endroit, les branches de sapins se sont tellement pliées sous le poids de la neige qu'il devient impossible de passer ce qui m'oblige à faire un détour assez scabreux. Finalement j'arrive au refuge qui contre toute attente est ouvert, tenu par un homme avec son chat. Mon hôte m'offre un thé bien chaud que je boirai pendant que je mangerai seul mes sandwichs (enfin, avec le chat) dans la vaste salle du refuge.

Mais il est déjà temps de redescendre. Je croise un couple qui suit mes traces dans l'autre sens : vu l'heure, ils n'auront pas le temps d'atteindre le refuge et de redescendre avant la nuit, ils ne semblent pas très équipés pour dormir là-haut mais chacun ses problèmes. Je croise également un chien errant qui semble affamé et à du mal à suivre nos traces dans la neige épaisse.

Je pars maintenant vers l'est, en direction de gorges. La météo annonce encore de la neige pour le lendemain et cette fois-ci à assez basse altitude. Je m'installe près d'un village que je compte visiter car construit avec des pierres de couleurs très variées. Je suis dans un endroit un peu isolé et en sortant de la voiture vers 23 heures pour satisfaire un besoin naturel, je constate qu'il a neigé et de manière assez abondante : je n'avais rien vu (ni entendu) depuis l'intérieur de la voiture. Je décide de repartir de peur de rester coincé, tant pis pour le village. J'avance très lentement et assez longtemps jusqu'à trouver un parking dans une petite ville. Au matin ma voiture est recouverte de 15 cm de neige mais j'arrive à en sortir sans problème. Je reprends la route (sans soucis bien qu'elle ne soit pas déneigée et qu'il y ait par endroit 20 cm mais mes pneus accrochent parfaitement) car il n'y a pas d'hôtel là où j'ai dormi : je fais une dizaine de kilomètres supplémentaires pour en trouver un et patienter au chaud que cela se calme.

Le lendemain, il ne neige plus mais les routes ne sont pas dégagées, alors je décide d'attendre encore un peu. Des femmes équipées de pelles à neige sont en train de dégager le trottoir. En milieu d'après-midi, je dois quitter l'hôtel car des jeunes ont réservé la salle pour fêter la fin d'année.

Les gorges de Yagodina Je reprends la route des gorges. Un camion est en train de racler la neige mais sans mettre de sel : c'est loin d'être parfait, au contraire, cela la rend très glissante sous mes pieds. Mes pneus eux accrochent toujours bien même si l'ABS se met en marche dès que je freine alors j'évite et à la place je rétrograde lorsque je dois ralentir. En cours de route, je croise ma première mosquée, il faut dire que je ne suis plus très loin de la Turquie. Le temps est très gris, ce n'est pas terrible pour voir les gorges, mes photos sont assez ternes. La route est un cul de sac, je passe la nuit à l'entrée d'un village en espérant que le lendemain les gorges seront au soleil. Mais ce ne sera pas le cas.

Je verrai ensuite d'autres gorges, toujours sans soleil, avant de partir pour Smolyan, puis je rejoins un village complètement isolé d'où il est possible de faire des randonnées : la route d'accès partait normalement des dernières gorges mais elle est coupée (pont emporté), du coup le village n'est plus accessible qu'en faisant un grand détour par une route forestière passant à un col à 1 800 mètres, fortement enneigée évidemment mais ouverte.

Entre Smolyan et Mugla Je passe le réveillon de Noël sur la place de ce village. Pendant la nuit, je me réveille et trouve qu'il fait bien froid. Et pour cause, la température est descendue à -17°C dehors. Dans la voiture où j'avais coupé le chauffage, je suis pas loin des -10 ! Je rallume quelques instants, histoire de pouvoir me rendormir un peu plus au chaud. Le lendemain, malgré le temps magnifique, j'abandonne rapidement toute idée de randonnée car il n'y a ici aucun point d'accès à Internet alors qu'on a prévu avec ma famille de se souhaiter un joyeux Noël via Skype (c'est la première fois que je ne serai pas physiquement avec eux pour ces fêtes).

Le retour, avec le passage du col au soleil, est tout simplement enchanteur.

Arrivé à Smolyan, je prends mon marteau pour casser la glace qui s'était accumulée derrière mes roues ce qui entraînait de grands frottements dans certains virages vu l'épaisseur.

Le premier hôtel que j'essaie ne m'accepte pas car je ne suis pas client mais au second je peux juste à temps me connecter et revoir ainsi les visages familiers que je n'avais pas vus depuis plus de 8 mois.

J'ai fini mon tour de la Bulgarie et décidé de passer en Turquie où une simple carte d'identité suffit théoriquement. Mais il y a quelques tensions entre les 2 pays du fait que la France vient de reconnaître le génocide arménien ce qui n'a pas du tout plu aux autorités turques et il est possible qu'à la frontière les douaniers fassent un peu de zèle avec les ressortissants français. Vous le saurez avec ma prochaine nouvelle.
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